Pour vous, étudiant(e)s en psychomotricité, comme pour l’ensemble de votre équipe éducative,la confirmation de la non-reconnaissance de la psychomotricité au titre de profession paramédicale par la ministre fédérale de la Santé publique M. De Block est tombée comme un couperet.

 

Jusqu’au dernier moment, nous avons espéré que l’évidence allait s’imposer. Que le conseil national des professions paramédicales allait prendre et rendre la mesure de la singularité de l’approche et du travail du psychomotricien, travail complémentaire aux approches des professions rééducatives et thérapeutiques existantes. Les négociations en ont décidé autrement. La psychomotricité n’est pas une profession paramédicale. M. De Block impose de clore le débat.

 

Par prudence, sans doute, le ministre Marcourt, lui emboite le pas et remet en question l’habilitation du baccalauréat en psychomotricité.

Nous sommes bouleversés par cette précipitation lapidaire qui cadre mal avec la lente maturation de ce dossier initié il y a une dizaine d’années. Cette double décision nous plonge comme près d’un millier d’étudiants et de diplômés dans l’insécurité.

 

 

Un diplôme pour rien ?

Il est important de vous rappeler que les bacheliers en psychomotricité pourront continuer à exercer leur art en Fédération Wallonie-Bruxelles dans les secteurs de l’enseignement où ils ont le titre requis comme maitre en psychomotricité, mais aussi dans les crèches, les structures d’accueil pour personnes porteuses d’un handicap, dans les maisons de repos et de soins ainsi que dans les centres de santé mentale.  En ces lieux, votre expertise de psychomotricien est reconnue et recherchée. Cela représente un éventail de débouchés confirmé par le fait que près de 40% de nos diplômés ont trouvé un emploi rapidement après leur diplomation.

 

 

Le combat pour la reconnaissance définitivement fermé ?

La Belgique ne pourra pas rester éternellement fermée au nouveau paradigme qui gagne tant les pratiques médicales que la société dans son ensemble, à savoir : une vison plus intégrée et intégrative de l’humain et partant du patient (on notera que ce paradigme est moins gourmand en technologie, la raison budgétaire pourrait y trouver son compte !). Or, cette vision globale et intégrative constitue l’ADN de la démarche du psychomotricien. Cette spécificité est confirmée dans la plupart des pays européens. Près de nous, en France, aux Pays-Bas, au Luxembourg, les bacheliers en psychomotricité jouissent d’une pleine reconnaissance en tant que professionnel de la santé. On comprend mal pourquoi en Belgique, il n’en serait pas de même. Le patient belge serait-il différent ?

Certaines professions de la santé ont mis des décades pour être reconnues comme profession paramédicale. Elles ont puisé dans les pratiques européennes des arguments décisifs. Nous pourrons faire de même.

Le remboursement INAMI n’est pas notre objectif premier, c’est la détermination légale des actes thérapeutiques du psychomotricien qui nous importe.

Nous restons convaincus qu’en politique, rien n’est jamais définitivement fermé. C’est là toute l’essence de la démocratie dans sa pratique du débat contradictoire. Aujourd’hui, les associations professionnelles de psychomotriciens, ainsi que les associations étudiants en psychomotricité n’ont pas été entendues au CNPP. Rien n’empêche que demain on reconnaisse leur parole !

Pour rester visibles et légitimes, il est primordial pour les psychomotriciens en exercice et en devenir que la formation de baccalauréat en psychomotricité puisse être maintenue.

Toutefois, à court terme, pour ceux que seule la pratique thérapeutique intéresse, il convient de trouver des solutions en proposant des passerelles et des validations d’acquis vers d’autres cursus paramédicaux. Ces solutions sont à l’étude.

 

 

Mobilisons-nous !

Nous vous encourageons,  professionnels et étudiants,  à nous coordonner pour maintenir une pression soutenue auprès de la ministre de la santé publique pour un réexamen des conclusions du Conseil national des professions paramédicales en vous joignant à la manifestation organisée par la FEF et l’UPBPF dans les prochains jours .

Nous souhaitons et nous emploierons à maintenir également la pression auprès des instances de l’ARES pour le maintien de l’habilitation du bachelier en psychomotricité.

Avec tout mon énergie et mon dévouement,

 

 

Nathalie MONIER

Directrice de l’IORT